Une brève histoire du Liban

L’histoire moderne du Liban commence en 1516, lorsque les Ottomans, victorieux à la bataille de Marj Dabek, ouvrant la voie à la domination du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord et de la Péninsule arabique.

Le Liban étant un pays montagneux facile à defendre et difficile à attaquer, les Ottomans évitaient de s’y aventurer. Ils confiaient la gestion du pays à des princes locaux druzes, chargés de l’administrer et de leur payer tribut. L’un d’eux, Fakhreddine II, élargit son royaume et arracha une audacieuse indépendance qui succomba devant l’armée ottomane en 1633. Les deux communautés druze et chrétienne demeurèrent les fondments de la principauté.

En 1860, à la suite d’affrontements sanglants entre druzes et chrétiens, les puissances européennes imposèrent à l’Empire ottoman la creation d’une province autonome au Mont-Liban, la Moutassarrifya. Le gouverneur devait être chrétien ottoman non Libanais. Il était conseillé par un Conseil d’administration de 12 membres répartis sur les différentes communautés religieuses du pays.

Après la défaite de l’Empire ottoman en 1918, les Anglais et les Français se partagèrent le Moyen-Orient. La France reçut le mandat sur la Syrie et le Liban.

Au Liban, l’administration du mandat mit en place un Constitution en 1926, mais maintint le système de repartition des postes sur les communautés religieuses. Ce système confessionnel demeure le fondement du Liban politique jusqu’à nos jours, malgré qu’il a engender de nombreuses tensions entre les communautés.

Ce système confessionnel, additionné aux tensions resultant du conflit israélo-arabe, entrainèrent le Liban dans une longue guerre civile de 1975 à 1990.

L’évolution économique et sociale

La situation économique et sociale de la Moutassarrifya était nettement meilleure que celle des provinces syriennes. Le climat, le savoir-faire des habitants, la stabilité politique et la presence d’une élite instruite par les missions étrangères furent autant de facteurs qui poussèrent les soyeux de Lyon à y investir dans l’industrie de la soie.

Beyrouth gagna de l’importance,, en témoignent la création du Syrian Protestant College en 1866 (la future Université américaine de Beyrouth) et l’Université Saint-Joseph créée par les pères jésuites en 1875. Les ottomans firent de Beyrouth le siege d’une province et confièrent à des sociétés françaises le soin de construire la route Beyrouth-Damas, puis la ligne de chemin de fer reliant Beyrouth à Damas via Rayack, et au réseau DHP.

Le niveau de vie dans la Moutassarrifya progressa sensiblement. Ohannes Pacha Kouyoumjian, gouverneur de la province de 1912 à 1915, estime que la densité démographique y est 10 fois supérieure à celle des provinces syriennes. Mais le morcellement des terres, la croissance démographique et la dépendance vis-à-vis des ports ottomans poussèrent les jeunes, instruits ou non, à l’émigration.

L’émigration libanaise se poursuivit jusqu’à la Première Guerre mondiale et après, encouragée par les politiques d’immigrations suivies par certains pays tels que l’Australie, le Brésil, les États-Unis, … Après la crise de 1929, de nombreux pays imposèrent des contraines à l’immigration. Les Libanais s’orientèrent vers d’autres horizons : l’Afrique colonisée, l’Europe et, plus récemment, le Canada. Cette émigration s’accentua avec la guerre civile de 1975 à 1990.

Les problèmes résultant de l’émigration

En quittant le Liban, les émigrés laissèrent derrière eux des propriétés foncières, telles que des maisons ou des terrains, héritées de leurs parents. Plusieurs décennies plus tard, leurs descendants ont perdu le contact avec le pays. Les propriétés devenaient inexploitables du fait de la multiplication des héritiers, les descendants d’émigrés n’étant pas en mesure de faire valoir leurs droits. Beaucoup ignorent même qu’ils puissant avoir des propriétés au Liban.

Les ancêtres étrangers

De nombreux Européens (notamment français et italiens) firent souche dans l’Empire ottoman ou dans les États sous mandat français. Leurs descendants, Libanais ou Syriens, pourraient récupérer la nationalité de leur ancêtre, à condition d’établir la généalogie et les documents d’origine de leur ancêtre, ce qui ne leur est pas toujours facile.